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 Est fou celui qui cherche la logique au fond de l’âme humaine. (O'Brother) Hortense.

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B. Salvador Khan
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MessageSujet: Est fou celui qui cherche la logique au fond de l’âme humaine. (O'Brother) Hortense.   Dim 24 Mar - 19:37

Le sens trottoir de la vie.

Liberté : n.f. -entre autres choses plus ou moins poétiques, cela se définit par : - Situation de la personne qui n'est pas sous la dépendance de quelqu'un, ou qui n'est pas enfermé.
Ainsi, techniquement, si je suis libre, je suis qualifiable de libertin. Or, à l'heure actuelle, je ne suis pas libre. Personne ne l'est. Mais j'aime le croire, que je suis libre.
Ce n'est pas tolérable de définir la liberté en si peu de mots. Ce n'est pas tolérable de définir la liberté, tout court. Si j'en ai envie, je pourrais par exemple, disons, me mettre nu. Mais il y a soit des conséquences, soit des regrets, et je ne sais pas lequel est le plus intolérable. Donc la liberté, c'est encore un mot inventé par des charlatans qui créent des mots pour les donner à des choses qui n'existent pas. Un peu extrême, ce raisonnement, cela dit.

Il fait beau, il fait plutôt chaud. Les jeunes sont partis faire un basket, du shopping. Leurs parents entretiennent le savant petit carré de fleurs devant leur maison. Le printemps. Mais rien n'a changé, au fond. Ce n'est qu'un cycle qui se perpétue. La liberté en illusion, mais c'est plutôt l'illusion de la vie. Au fond, on est tous destinés à se lever, à s'armer à deux bras de son courage, à bosser, à servir la nation dans toutes ses formes : pognon, gosses, dépense ton pognon pour tes gosses. Que ceux qui pensent le contraire sont soit totalement stupides, soit des génies incompris.
La liberté, c'est donc de s'asseoir par terre et d'emmerder son monde ? Aucune idée, mais j'étais le cul par terre - pardon, sur le trottoir -, et ça me plaisait bien. Les pieds sur le bitume, le regard sur un carrefour, le soleil qui me regardait, un demi-litre de Slurpee dans une main, une bière vide dans l'autre. Rien au programme.
Liberté ou bonheur ?
... Comment comparer deux concepts qui ne peuvent réelement se définir ? A cet instant, tout ce que je savais, c'est que j'étais heureux. Heureux d'être en vie. Et c'était une révélation. Mes parents avaient eu raison sur toute la ligne. Ils ont pas attendus leur retraite pour se dire qu'on devrait faire ci ou ça, ils l'ont fait quand ils en avaient envie - et tant mieux, car ils ne verront jamais leur retraite. Mais plus encore, le bonheur, c'est de pouvoir faire ce que l'on veut, sans se soucier de ce que l'on y gagne ou paye, comme ils aimaient le dire. Le bonheur n'était pas métariel, même si il aidait. J'avais une maison, un travail, il faudra que je pense à aller louer une voiture, mais j'étais en vie.

- Je suis en vie.
Le fait de l'exprimer, c'était différent encore. Cela rajoutait à sa crédibilité. Qu'y avait-il de plus important que la vie ? La mener comme on le souhaitait. Je répétais, plus lentement, doucement, pour moi-même, même si j'avais envie de le crier à pleins poumons.
- Je suis en vie. Maintenant que j'étais lancé, je continuais, parlant au bitume, à l'air au pollen, au chien qui viendra me pisser dessus dans une demi-heure, m'ayant pris pour un élément du décor urbain.
- Je suis en vie. N'est-ce pas là la plus belle chose au monde ? La vie. C'est vrai, nous sommes tous nés, issus de la nature. Mais pour autant, nous ne l'avons pas choisi. Remercions-là comme il se doit. Profitons. Mangeons. Buvons ! Sur ces saintes paroles, je pris quelques gorgées du liquide bleu.
- J'ai failli mourir. Mais je suis en vie. Je ne le répèterais pas assez, je crois. Prenez soin de vous. La vie est injuste, mais faites comme bon vous semble. N'ayez pas de regrets. Evitez les conséquences de vos actes. Les regrets, oui, c'étaient eux le mal, les conséquences, c'était juste différent ; on pouvait les contourner.
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Hortense Storme
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MessageSujet: Re: Est fou celui qui cherche la logique au fond de l’âme humaine. (O'Brother) Hortense.   Lun 8 Avr - 18:22

Et que tombe l'obscure clarté.
Ça sent la sueur et les ordures, l'humanité et ses détritus.
Le soleil m'aveugle, alors je mets une main en visière sur mes yeux. Ils veulent se fermer pour lui échapper. Se fermer pour se reposer. Pour ressusciter.
Sous les paupières lourdes, il y a ces envies qui incitent à aimer le vide. Le vide dérange, le vide démange. On se pense aigle, on s'imagine fée. On se veut princesse. Mes dents se serrent. Chut écoute le silence des coupables. Les cris là-haut ne résonnent plus. Les cris sont muets. C'est pire encore. Le peuple ne proteste plus, les sans-visages se cachent.
Ça sent la chaleur et l'infamie, la société et ses interdits.
Je suis en vie.
La lumière m'éblouit. Puis j'ai toujours eu peur du noir. Du soir et de l'espoir aussi. Espérer c'est abandonner, c'est renoncer, c'est s'évader.
Je scrute les badauds pour te trouver, mais toi, t'es par terre. En harmonie avec le bitume, à crever sur le goudron.
Il ne me regarde pas. Il ne m'a pas regardée parce qu'il a les lèvres salées, la bouche pimentée. Et moi je suis sucrée. C'est le trottoir qu'il regarde.
Et l'écho de tes mots qui rebondissent sur l'asphalte, tes mots qui se crashent sur du basalte. Je caresse l'inconscience du bout des doigts. J'y laisse même une empreinte. Voilà.
Je suis en vie.
Mais, et toi ? Qui es-tu, toi ? Dis-moi ! Dis-le-moi ! Qu’est-ce que tu crois. Et puis, je connais la vie, aussi. Pas très bien, un peu seulement. Assez pour savoir qu’elle a les richesses mal réparties, les maux infinis.
Je suis en vie. N'est-ce pas là la plus belle chose au monde ? La vie. C'est vrai, nous sommes tous nés, issus de la nature. Mais pour autant, nous ne l'avons pas choisi. Remercions-là comme il se doit. Profitons. Mangeons. Buvons ! J'ai failli mourir. Mais je suis en vie. Je ne le répèterais pas assez, je crois. Prenez soin de vous. La vie est injuste, mais faites comme bon vous semble. N'ayez pas de regrets. Evitez les conséquences de vos actes.
D'un doigt, j'effleure les rayons du soleil. Je les enroule autour de ce doigt négligent, indolent. Entortillés sur mon index, ils ont perdu de leur brillance. Je veux la lueur, je veux les promesses. Je râle un peu en m'asseyant à côté de toi. Tu parles trop. Tu parles mal. Tu ne me regardes même pas.
Dieu que tu es beau dans toute ta complexité, toute ta naïveté. Et moi, j'ai l'air de quoi ? Contemple-moi s'il te plaît.
Contemple-moi s'il te plaît.
S'il te plaît.
Et dis-moi.

Je suis épuisée.
Les fous. Les ahuris. Les enfants.
Montrer du doigt les nuages, goûter la pluie, aimer la lumière.
Le trottoir sous les fesses, on oublie. On oublie la vie, on oublie tout, on n'oublie rien. De toi à moi, il y a un mètre. Peut-être deux. Plutôt un, parce qu'on n'a pas besoin de hurler pour se comprendre. On murmure, on susurre.
Je suis épuisée.
Mon index déroule les reflets du soleil. Un à un, ils s'évadent, comme un éclat de rire.
Moi
contre
les
poussières.
Promets-moi de ne jamais t'arrêter. Continue de parler, de te soûler. Continue d'exister. Ta voix a laissé une ardeur pastelle au creux de mes reins. J'entends les battements irréguliers de nos cœurs qui veulent corréler. Les âmes qui veulent s'embrasser. Platoniquement. Juste pour se soulager, juste pour se délivrer. Dans tes mains, je veux déposer mes crimes. Fais-en ce que tu veux.
Ici, j'étouffe. Existe-t-il un moyen de s'affranchir ? Tu t'y connais peut-être en liberté, toi.
Viens on gribouille viens on colorie viens on rit viens on bafouille viens on vit.
Je crois que j'ai un trop gros cœur. J'ai tellement peu d'affection pour moi que j'en balance à tous ceux que je croise. J'aime trop de gens.
Pourquoi la honte ? Pourquoi l'amertume ? Pourquoi les regrets, les remords ? Pourquoi, pourquoi ?
Mon âme pleure.


Dernière édition par Hortense Storme le Lun 1 Juil - 20:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Est fou celui qui cherche la logique au fond de l’âme humaine. (O'Brother) Hortense.   Mer 17 Avr - 15:02

Refléctions.

C'est bizarre, le goudron. La couleur, la texture, l'odeur que ça dégage sous la chaleur. Le goudron, ça ne ressemble à rien. Le pétrole attire le pétrole, il faut croire, et alors, on pourrait conduire avec ce qu'on a sous la voiture. C'est comme si on utilisait notre chaise pour manger. Une voiture passe, brassant l'air chaud texan sur mon visage. Sur nos visages. J'ai un auditoire, même si mes paroles ne sont que du vent, elles aussi. Tout n'est que vent, rien n'est figé.
L'atmosphère devrait être tendue. Entre la chaleur, le soleil, le manque de vent, le fait de déballer sa vie devant un parfait inconnu ou le monde entier qui passerait derrière moi, le fait que je le connaisse peut-être, cette journée, l'heure qu'il est. Tout ça, mais il n'en est rien. Les qu'en dira-t-on, je m'en fiche. J'étais sur le sol le premier, et si l'auditoire proteste, que l'auditoire se casse et passe son chemin.
Je lève la tête, j'observe l'inconnu. Pas directement, non. Je vais pas le fixer et le détailler d'aussi mauvaise manière, comme un chien alerte qui flaire le gibier et qui reste là à l'observer avant de s'élancer dans la chasse. Non. La porte vitrée du magasin en face de moi, de l'autre côté de la rue suffit. Le magasin est plongé dans le noir, la vitre fait office de miroir. Miroir sur la rue, sur nous, sur la vie.
Elle. J'aurais dû m'en douter, avec le subtil parfum qui me parvenait. Ses mots s'aggripent aux miens, s'enchaînent doucement. Comme une désespérée qui utilise la parole pour thérapie. Comme un fantôme qui a besoin qu'on l'écoute. Comme une oasis dans l'air saturé.
Elle. Dans le reflet, elle était jolie. Elle brillait dans la vitre. Comme des étoiles, des millions d'étoiles qui ne cachaient pas son visage, mais le rendaient plus beau, là-bas, loin, sur la surface plane de la porte.
Le reflet, la réflection, la réflexion. Une grande pièce noire, sombre, une porte qui ne peut pas s'ouvrir, bloquée. Mais rien n'est plus fragile que le verre, alors, est-ce utile ? On pourrait y aller, se réfugier dans le noir, sa fraîcheur attirante. Ce monde sans jugement, dans le noir, sans réflexion des autres à son propos. Sans réflection.
Elle dit qu'elle est épuisée, mais épuisée de quoi ? De sa journée, du temps qu'il fait, de la vie ? Peut-on vraiment être épuisé de la vie ? Alors je la laisse. Elle est libre de parler. Libre de s'exprimer, de m'écouter. De partir, de s'enfuir, de dire merde à tout, de tout recommencer. Peut-être qu'il faut le savoir, prendre conscience de la liberté pour être libre. C'est sans doute ça, le secret. La liberté n'est pas si on ne le veut pas. C'est quelque chose d'aussi présent que l'oxygène dans l'air. Il suffit d'y penser.
Non, je ne m'y connais pas en liberté. Ou si. Ou non. Quelqu'un peut-il vraiment parler de la liberté ? Chacun y met ce qu'il veut. La liberté de se lever à sept heures, ou à sept heures dix. La liberté d'emmener ses enfants à l'école. La liberté de passer des vacances au calme, loin de l'agitation, à chaque fois qu'on le souhaite.
Sa dernière phrase me fait sourire. Même si le pourquoi est assez dramatique. Ne pas avoir assez d'affection pour soi-même et se raccrocher aux autres. Leur donner tout l'amour que l'on a en soi. Aimer. Là encore, qu'est-ce qu'aimer ? Et ma langue s'emballe, les mots sortent et s'alignent tous seuls, à peine prenant le temps de se former dans me tête qu'ils s'évaporent.

- Quelqu'un, un jour, m'a dit qu'avant de pouvoir aimer les autres, on doit s'aimer soi-même.
Peut-être cela la blessera. Peut-être n'était-elle pas prête à recevoir ces mots. La vérité. Mais tant pis, soyons égoïstes, je n'ai pas le temps de me perdre dans la compassion. Mais j'en ai pour aider les gens sans qu'ils ne le demandent ...

- Ferme les yeux. Imagine une maison, un petit chalet sur une colline verte. A l'intérieur, c'est petit, il n'y a pas beaucoup de meubles. Un lit, un évier, une cheminée. Mais il y a ce miroir, ce grand miroir face à la porte que tu viens d'ouvrir pour y entrer. Alors, dis-moi. Dis-moi ce que tu vois dans ce grand miroir. Dis-moi ce que tu vois quand tu te regardes dans un miroir. Vois-tu ces étincelles autour de ton visage ? Vois-tu cette lumière qui émane de toi ?
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Hortense Storme
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MessageSujet: Re: Est fou celui qui cherche la logique au fond de l’âme humaine. (O'Brother) Hortense.   Mar 2 Juil - 21:13

Les failles de l'âme ont l'âpreté vermeille. J'ai baissé les yeux sur ces entailles qui sillonnent ma peau, et qui chaque fois strient un peu plus l'espoir. Cet espoir, bordé de nuit. Les failles mêlées à l'espoir, c'est le rouge et le noir.

Ces silences entre nous, cette bulle autour de nos corps étrangers et empressés, et derrière moi, seulement les rayons insolents d'un soleil ardent, mués en une clarté qui illumine les cœurs, et nous pousse à se jeter dans le vide. Je me suis demandé si ce n'étaient pas des rayons contrôleurs d'organes envoyés pour une visite de routine, et j'ai prié pour qu'ils ne s'intéressent qu'à toi. S'ils voyaient à quel point j'ai l'âme abîmée, on me retirerait immédiatement permis de conduire, carte d'assurance maladie et carte d'identité. Ils diraient que je suis pas apte à la vie. Une gigantesque aiguille jaune-solaire a percuté ton pull, sur le côté gauche. J'ai retenu mon souffle, effrayée parce que je n'avais jamais vu une inspection du cœur aussi dantesque, et quand le gros rayon a éclairé ton torse, je n'ai pas pu m'empêcher de regarder à travers.

Il faut que je te dise, tu as le cœur doré. Et il est tout petit, tout rond, avec quelques paillettes argentées, égarées sur le dessus. Il n'est ni rouge, ni creux, il n'a ni ventricule gauche, ni ventricule droit. Ils n'ont jamais supporté l'art abstrait, les scientifiques et les médecins. Alors ils ont réinventé, ils ont chamboulé les lois de la sublimité. Mais c'était trop tard. Toute la beauté leur avait déjà échappé.

Et soudain, ton pull s'est assombri.
On a jugé que t'étais apte à la vie, toi.
Mais, moi ?
Et moi ?
Et moi ?

On m'a juré que j'étais pas apte à la vie.

J'essaie d'attraper les quelques rayons imprudents qui se sont aventurés trop près de moi, mais ils s'échappent. Alors je hausse les épaules et je tourne la tête vers toi, rassurée, maintenant que je sais que t'as le cœur authentique. Quelqu'un, un jour, m'a dit qu'avant de pouvoir aimer les autres, on doit s'aimer soi-même. J'ai regardé autour de moi, l'ingénuité au bout des doigts. J'ai tremblé, cherché, échoué, cherché encore, pour finalement renoncer. J'ai voulu me dérober devant la véracité de tes mots. A l'intérieur virevoltent des idées confuses.

Douce mélodie qui s'épuise au-delà des collines,
je l'entends.
Battements de cœurs atrophiés, collés au fond de leur grotte,
je les entends.
Mots passionnés, mots murmurés, mots-vérité,
je les entends.
Écho timide de notre épuisement, renvoyé par le bitume,
je l'entends.

J'entends.
Tout.
Toi, surtout.

La poésie s'est éclipsée. Peut-être affolée, peut-être aliénée. Rassasiée de nos beaux mots, ceux qui dissimulent le néant. Derrière mes phrases ocres, il n'y a rien. Quelques poussières quelques débris qui n'ont pas voulu s'en aller et ont préféré la précarité de l'ombre de mes mots. La mélancolie est là, sur ma langue écorchée, au fond de ma gorge desséchée. Et pourtant. L'impatience s'accroche et me bouscule. C'est qui ce quelqu'un ? Entre tes lèvres, "aimer" est à peine amer. A deux reprises, il franchit tes lèvres avec une douceur inouïe, et moi, je me surprends à vouloir éclore de ta bouche aussi délicatement. Je le connais pas mais ça m'a pas l'air d'être un type fiable. Ou alors c'est moi qui suis pas fiable. Parce que moi, je fonctionne pas comme ça. Je tombe amoureuse tous les jours. D'une silhouette recroquevillée sur un banc, d'un collier de perles colorées, d'un vieillard attendrissant, d'une bougie presque consumée. Quand je le dis, ça fait psychopathe refoulée mais je te jure que dans ma tête, ça sonnait mieux.

Dis, tu vas en faire quoi de toutes ces phrases ? Ces phrases chics. Malsaines, aussi. Tu vas les glisser dans une poche de pantalon que tu espères trouée, pour ne jamais les retrouver ? Mais elles flotteront. s'accrocheront. perdureront. Je me lève. Tu ne me regardes toujours pas. Tu ne bouges pas. Alors je remue. Droite, gauche. Toujours rien. Je continue. Bas, haut. Et toi, le salaud, qui continues de causer. Ferme les yeux. Imagine une maison, un petit chalet sur une colline verte. A l'intérieur, c'est petit, il n'y a pas beaucoup de meubles. Un lit, un évier, une cheminée. Mais il y a ce miroir, ce grand miroir face à la porte que tu viens d'ouvrir pour y entrer. Alors, dis-moi. Dis-moi ce que tu vois dans ce grand miroir. Sur tes boucles brunes, je pose un regard sombre. Tu m'as écrasée. Je m'effondre. Sur le trottoir, toujours. encore. J'ai incliné tête et bras. replié mes mains autour des genoux. En position fœtale, je ne crains rien. plus rien. Et enfin, tu me regardes. contemples, même. Je sens tes yeux sur mes épaules. Ton souffle qui réclame une riposte. Silence. Et je les attends. Les mots sales. Qu'ils viennent! Une ombre. Une silhouette, tout au plus. J'ai gardé un "et toi ?" étouffé à l'orée de mes lèvres.

L'écho de la désillusion.
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B. Salvador Khan
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MessageSujet: Re: Est fou celui qui cherche la logique au fond de l’âme humaine. (O'Brother) Hortense.   Mer 3 Juil - 21:47

Spoiler:
 
Tango.

Sans bouger, je tourne en rond. Bleu pétrole, noir vitriole. Je tourne en rond, comme le monde qui ne cesse de changer. Depuis l'accident, depuis mon réveil, je savais qu'il fallait que je me bouge. La mort n'attend pas que nous ayons réalisé tous nos rêves, tous nos espoirs, tous nos désirs pour frapper à notre porte. La mort se lève un matin, comme tout le monde, et sonne au hasard les cloches de notre enterrement. Si nous pouvons nous arrêter, nous asseoir, nous accorder ce moment, qui nous dit que la faucheuse fait de même ? La mort. Ce n'est pas compréhensible ni censé, c'est juste … ainsi.  
Des talons aiguilles qui martèlent l'asphalte, un aboiement assourdi, un vrombissement lointain, dont l'écho frappe les devantures des maisons pour arriver jusqu'à nous. Nous. Je, elle, nous. Simple, et pourtant si compliqué. L'inconnu, l'inconnue, la barrière invisible qui s'est dressée entre nous et nos mots qui s'infiltrent, qui rongent, qui brisent cette barrière. Encore un effort, et ce sera nous, elle, je.

Mes paroles sont peut-être un peu trop acides, elles ont peut-être franchi trop vite la barrière de l'intimité. Mais pourtant, je ne pouvais les oublier, les retenir, ils s'étaient enfuis. Je me réfugiais dans la boisson bleue, baissant le regard dans le liquide chimique. Sa réaction allait être importante, elle influerait probablement la suite de ma journée. Comme ça.
Elle répond par une question. Mais elle n'attend pas de réponse, c'est juste un moyen de se donner une contenance … et sérieusement, on s'en contre-fichait. J'haussais les épaules, un peu. Je me surprenais à attendre ses paroles, à les désirer, à vouloir que son timbre de voix ne cesse jamais. Ses questions sans importance, j'en voulais à longueur de journées. Et enfin, sa langue se délie, ses lèvres forment les mots tant attendus.

Et si tu tombes amoureuse tous les jours, j'espère qu'aujourd'hui, c'est mon tour.
J'en avais des frissons. Au final, elle n'avait peut-être pas besoin d'être sauvée. Elle n'était pas une rescapée. Elle donnait tout, sans conditions. A n'importe qui, n'importe quoi. N'importe quand. Même maintenant. Elle se lève, et je l'observe, cachant mes yeux derrière ce reflet, dans la vitre en face. Elle est jolie, elle illumine jusqu'à la boutique dans le noir. Elle semble danser devant moi, mais je ne la voie pas. Regards troublés, gênés, la barrière se fissure. Irrémédiablement.
Un air joué au piano s'échappe d'une fenêtre, portant la mélodie jusqu'à notre coin de trottoir. L'atmosphère se détend, on le sens jusque dans nos os. En face, un passant lève la tête, sourire aux lèvres. Et toi, est-ce que tu souris ? Est-ce que tu apprécies les joies offertes par une mélodie, les paroles d'un étranger qui ne devrait pas essayer de te changer, la voix d'un homme goûtée sans la chaleur de ses yeux ?
Pendant que je me tâte, que je parle, que j'essaie de lui faire comprendre qu'elle doit s'affranchir des autres, parce qu'elle semble triste, ses paroles dégoûtées, sa voix amer à propos de l'amour - j'y repense. Est-elle entravée ? L'amour qu'elle porte à toutes ces choses semble instinctif, primitif. Je ne peux pas la changer. Je ne le dois pas. C'est la diversité des personnes, qui, à moi aussi, me les fait les apprécier. Alors pourquoi, pourquoi me prenais-je à espérer qu'elle puisse aimer de manière raisonnable ? Avais-je ce manque dans mon cœur ? Pourtant, au contraire, j'étais comme elle. Mais je ne le savais pas.  
Mais sa réponse change la donne. Elle n'était pas une ombre sans attaches, ni une silhouette … Je me détournais de la vitre qui m'avait happé, posant enfin mon regard sur elle. Au moins n'étais-je pas complètement perdu dans mes pensées. Posée sur le trottoir, à mes côtés. Elle.
La courbe de son dos faisait disparaître son visage dans ses genoux. Mais sans croiser son visage, juste grâce à ses mots, je savais qu'elle était belle. Le reflet me l'avait appris. J'avais eu envie d'accrocher son wagon à ma locomotive de la vie. Sans nous arrêter, nous irions loin. A nous émerveiller. A espérer. A vivre. A aimer.
Mais il y avait eu ces inflexions, dans sa voix. Ces inflexions qui hésitent, qui trébuchent, qui se cachent. Qui n'osent pas poser la question. Avec un sourire, je me retournais vers le bitume. Je savais déjà qu'à présent, la barrière s'était écroulée. C'était Nous, dorénavant.

- Je me vois. Moi, et les occasions de ma vie. Le passé, le présent, le futur. Non … Que le présent. Il n'y a aucun regrets dans ce miroir. Pour le moment … Il faut être acteur de sa vie. Ne pas oublier qui l'on est, ce que l'on souhaite, ce que l'on veut, ce que l'on … aime ? Mes paroles se brisent, se jettent et tombent comme la barrière invisible. Ce n'est plus une Inconnue, je l'ai embarquée, malgré elle, malgré moi, et advienne que pourra ...
Je lui tends la boisson bleue, me retournant encore vers Elle.
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MessageSujet: Re: Est fou celui qui cherche la logique au fond de l’âme humaine. (O'Brother) Hortense.   Dim 7 Juil - 14:02

Double-croches, coup d'una corda, decrescendo, double-croches encore, marche harmonique, passage en sept/huit - putain de mesure asymétrique, demi-pause, puis, cadence suspensive. Mes mains ont caressé le bitume râpeux, et dans ses imperfections, elles y ont vu un enchevêtrement de touches noires et blanches. Le piano illusoire.

De cette fenêtre s'est envolée une ribambelle de folles notes. Trois noires se brisent sur mes pommettes et j'effleure aussitôt ma joue pour les attraper. cling cling cling. Mes paumes récupèrent les imprudentes et éclosent pour les offrir au soleil. Et mes paupières s'écarquillent, s'inclinent, devant la pureté de ce tableau. Silence. La musique s'évanouit dans la tiédeur grave de l'instant et je tremble. suffoque. dégringole. Je pense à ces notes étouffées, condamnées au mutisme. Puis, je me rappelle mes trois égarées, mes trois jolies rescapées.

Le long de l'échine dégouline l'amertume. Une pâle amertume qui peine à atteindre le creux de mes reins. une banale amertume qui arbore un déjà-vu alizarine. une illégale amertume. Je me suis empressée de ravaler mots, arc-en-ciels et grains de sable, avec la trouille que les grains de sable craquent sous la dent, mais face à la douceur de l'indigo, leur raideur s'est estompée.

Et si je ferme les yeux, il y a derrière nous un vide infini. Dressés sur l'aiguille de l'incertitude, le vent nous a provoqués, mais juste un peu. On a vacillé, hésité. Le blizzard a succédé aux jolies brises et on ne savait pas trop de quel côté flancher. J'ai voulu saisir ta main mais à un souffle de l'effleurement, je me suis dégonflée. Alors, je me suis concentrée sur ce sentier tortueux qui embrasse l'horizon. Et si j'ouvre les yeux, je ne vois que toi. Je me vois. Moi, et les occasions de ma vie. Le passé, le présent, le futur. Non … Que le présent. Il n'y a aucun regrets dans ce miroir. Pour le moment … Il faut être acteur de sa vie. Ne pas oublier qui l'on est, ce que l'on souhaite, ce que l'on veut, ce que l'on … aime ? Aimer. Encore lui. Toujours lui. Omniprésence assassine. Mes cheveux, saturés de soleil, collent à ma peau nue. Et si un jour, je venais à t'aimer ? Qu'est-ce que ça donnerait, tu crois ? Tu nous vois comment, toi ?

❝ Toi et moi. Moi et toi.
Du goudron. Un regard, un sourire, qui éclatent dans l'éclat du jour.
La concorde de deux âmes. Un regard, un sourire, imbibés de nébulosité. Je suis peut-être nulle comme amoureuse, j'en sais rien.
Pourtant.
Et pourtant.
Je me fais attrapeuse de rêves voilés, dupeuse d'esquisses maculées. J'effleure tes désirs d'un baiser, et les lèvres sont écorchées, ensanglantées, mais je poursuis avec la même folie, la même frénésie. Les yeux fermés, je caresse l'insouciance devenue inconscience, je caresse sa couleur métallique, et finis par écraser nos cœurs qui ont peur. Et le murmure.
Tu me donnes envie d'aimer.
Pourtant, j'imagine qu'il y a la douleur. Et toutes ces pouffiasses que tu ramènes à la maison, pour les sauter sans grande conviction. Parce que tu frissonnes, t'affoles, tu paniques devant mes yeux désolés, devant mes incapacités, ma complexité.
Et j'ai peur de me noyer dans ton absolu parce que je suis persuadée qu'une fois qu'écrouée, je ne serai plus capable de repartir. Je dirai adieu à ma semi-liberté.
Toi et moi. Moi et toi. ❞

J'ai, entre les phalanges, un rien de notre idylle ivoire. Je secoue la main et les paillettes s'enfuient une à une, emportant avec elles les cendres d'un amour qui n'en est pas un. Au moins tu vois quelque chose. Ma voix se brise et j'ai envie de te jeter au visage ce putain de miroir. L'imagination, c'est de l'encre séchée. Une fois étalée sur la feuille de papier, on ne peut plus la reprendre. Toute la magie s'est évaporée et ne restent que les taches incertaines. Éphémère et frêle, c'est ça l'imagination. Tu m'apprendras à ne plus être spectatrice de ma vie, alors. Et si tu veux je te dirai comment trop aimer, t'as pas l'air d'être bien calé. Ça se voit à tes sourcils qui deviennent tout circonflexes quand t'abordes le sujet. je dis, en avalant une gorgée du truc proposé. C'est même pas si bon. trop glacé, trop sucré. Je te regarde, l'anomie bleue aux confins des lèvres.

Au fait, moi c'est Esther.

C'est inventé, et on le sait. C'est de la réminiscence empoisonnée. Contre mes mains, le sol brûle et s'exprime, il hurle à la mort, frappé par nos mots-ricochets. Et je me casse en deux, si peu habituée à le prononcer, ce prénom-couteau. On est tenté de croire que le temps lave. ô jolie candeur. Je ne peux plus rien. Je ne suis plus rien. Quelquefois on croit apercevoir la silhouette d'une silhouette.

Puis, que dalle.
Que dalle.
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B. Salvador Khan
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MessageSujet: Re: Est fou celui qui cherche la logique au fond de l’âme humaine. (O'Brother) Hortense.   Mar 16 Juil - 17:28

Défauts.

La chaleur, étouffante. L'atmosphère, écrasante. L'ambiance, électrique. La musique s'était tue. Et pourtant, j'étais bien. La tension palpable qui régnait entre nous deux, on s'en fichait. Les bris de glace du mur de l'intimité qui gisaient entre nous deux, on s'en fichait. Les notes au piano perdues dans nos têtes, on s'en fichait. J'étais là. En vie.
Et elle était là. Assise, presque silencieuse. Dans un nuage de lumières qui ne demandaient qu'à s'allumer, dans un nuage de beauté qui ne demandait qu'à se dévoiler, dans un nuage d'amour qui cherche à être donné. Perdue dans cette brume enchanteresse. Et toi, tu ne le vois pas. Tu me vois moi, tu vois en moi, je te sens qui m'épie, qui me brûle de ton regard. Tu vois le nuage qui m'englobe, qui me happe, qui me constitue. Moi, je vois le tien, sûrement. Ces milliards d'étoiles, ta galaxie qui m'attire, inexorablement. Je veux m'y perdre, emmène-moi à l'intérieur.
Mais le béton sous mes fesses me rappelait sans la moindre délicatesse que nous étions sur un trottoir, échoués comme des âmes en peine sur le parvis de quelque chose de mieux. Une voiture passe et nous enfume de sa chaleur, de son bruit, de sa poussière. Mes lèvres jouent un instant avec le goulot de ma bière.

Et puis, elle m'offrit ses mots. Elle me les imposait, dans ce silence lourd, mais elle aurait pu rester obstinément hermétique à la conversation. Alors je les laissais venir, m'envahir. Et sous leurs poids, je m'effondrais. C'est comme voir une fleur qui éclot, admirer un papillon qui vole, dévorer un diamant brut. Du pareil au même. Quoique, non. Elle appuyait sur mes défauts autant que sur les siens. Je n'était pas aussi sensible aux défauts, j'aimais une personne dans sa complexité entière, sans concessions.
Je ne sais pas qui tu es. Je ne sais pas qui je suis, miraculé du bout du monde. Je sais seulement que je t'aime. Je ne sais pas si c'est d'un amour de passage, d'un amour d'adoration, de solitude, d'un amour fraternel ou du grand Amour. Les sentiments, ça va, ça vient. Avec toi, recroquevillée sur le pétrole, ça s'installe. C'est bizarre. En un sens, c'est effrayant, mais à moi, ça me plaît. Je crois. Et je n'ose espérer, je n'ose attendre, le réciproque. Alors de l'entre-aide, c'est un bon début.
Alors voilà comment on va faire, Esther. Si je jette mes pensées sur le goudron, ne m'en veux pas. Ramasse-les, ignore-les, évite-les. Je ne saurai te conseiller plus que cela. Je vais prier pour qu'elles ne te blessent pas. Car elles vont te toucher, sûrement. C'est ton problème, aussi, je n'ai pas demandé d'auditoire aujourd'hui, c'est porte ouverte sur mes sentiments. C'est comme c'est, brut, irréfléchi, aux angles aiguës. Spécial, charmant. Et tant pis su ça te blesse, au fond. Je saurais que tu n'es pas apte à suivre le train de ma vie, celui qui ne regarde pas en arrière.

- Alors on fait comme ça. Mais je crois quand même que tu fais fausse route. Moi aussi, j'aime. Pas de la même manière. Mais sans conditions non plus. Peut-être... Peut-être que... J'étais Baelfire. J'étais ce genre de mecs du type que l'on envie. Qui fait des soirées tous les week-ends et qui couche avec presque autant de filles. Mais je crois que ce Baelfire en moi est parti. C'est bizarre, de parler de soi à la troisième personne. Mais j'en étais convaincu. Ma vie avait profondément changée depuis l'accident. Alors oui, depuis, j'aimais les personnes plus profondément, les paysages plus intensément, les jolies choses plus délicatement. La vie se compose de ces petits détails qu'on n'aperçoit enfin que lorsqu'il nous manquent. Les couleurs, la chaleur dans cette chambre d'hôpital. Les jeux de lumière à la surface de l'eau, ou du goudron, sur un visage. Les goûts qui s'évanouissent au contact de ma langue, ces textures que l'on apprécie quand elles nous appartiennent, ces brins de personnes dont on oublie la préciosité, loin de la chaleur de nos bras.

- C'est dingue, j'avais jamais dit ce genre de truc … à personne … avant aujourd'hui. Appelle moi Salvador. Et dis-moi que je ne suis plus Baelfire... Apprends-moi. ajoutais-je en la regardant. Que pouvais-je de plus ? Les paroles me semblaient presque sacrilèges, tant je me trouvais bien, à cet instant présent. Les paroles, qu'est-ce ? Sinon du vent. Je préfère agir. Même si je n'avais pas lu le mode d'emploi. Dis-le moi, apprends-le moi, enseigne-moi le manuel des gens comme toi, de ces gens qui agissent, de ces gens qui ne se prennent pas la tête. Ou si. Mais ne pas se prendre la tête et ne pas retourner en arrière, ça c'est mon manuel. Je t'apprendrais. C'est moche le passé, c'est moche mon passé. Seuls les instants présents comptent, ici, maintenant, toi et moi.
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MessageSujet: Re: Est fou celui qui cherche la logique au fond de l’âme humaine. (O'Brother) Hortense.   Mer 14 Aoû - 19:12

Perdue dans le corps de l'océan, je te tends une main qui promet mélancolie douce et paillettes bleutées. On s'en ira flotter dans ses abysses, n'aie pas peur, je le préviendrai que tu as la liberté au bout de doigts, et la lucidité entre les bras, il ne s'inquiètera pas. Il te dira peut-être que j'ai l'âme inachevée. Je manque de tout. Il y a surtout le boulon du côté gauche, la poussière d'étoiles, le fil de fer derrière, mais il y a aussi les bulles asymétriques, les trous astronomiques, les fleurs en forme de cœur. On ira effleurer le ventre de l'océan, et son humidité ne nous surprendra pas. Elle nous rassurera, je crois. Et, les perles salées au coin des paupières, on se prendra la main pour ne plus jamais se lâcher. Bercés par le chuchotis de notre océan, à mille mètres en-dessous du clapotis des vagues terrestres, on sera bien. Mon tout petit, mon tout joli. Mon enfant océan.

Alors on fait comme ça. Mais je crois quand même que tu fais fausse route. Moi aussi, j'aime. Pas de la même manière. Mais sans conditions non plus. J'étais Baelfire. J'étais ce genre de mecs du type que l'on envie. Qui fait des soirées tous les week-ends et qui couche avec presque autant de filles. Mais je crois que ce Baelfire en moi est parti. C'est dingue, j'avais jamais dit ce genre de truc … à personne … avant aujourd'hui. Appelle moi Salvador. Et dis-moi que je ne suis plus Baelfire... Apprends-moi.

Le fils de l'océan a les joues saupoudrées de sel. Les grains sont petits et blancs, presque fleur de sel. Il suffirait d'un zéphyr pour qu'ils s'évaporent.
Baelfire.
Peut-être ai-je eu tort. Il n'est que l'enfant-flamme, et mon océan éteindra ses pensées à coups de vagues scélérates. Je ferme les yeux et l'imagine entortillé entre les humeurs coléreuses de mes flots. Il erre, voltige à la manière du funambule. Ses joues s'embrasent, sa bouche devient carmin, et dans une ultime lueur, il se noie entre les bras de l'océan.
Bael, tout court ?
Salvador, alors.

J'ai peur. J'ai peur d'être à deux milles lieues de ma vie, de la rater pour une bêtise et m'enfoncer dans la première branche de l'étoile, la mauvaise, la plus laide, la plus atroce, et dans un dernier effort, échapper aux griffes de la nuit, mais moi je ne suis que la poupée de chiffons, j'ai besoin d'ourlets, de retouches, de grandes aiguilles de couturière qui tailladent mon cœur, mon corps, sans contrefaçon, et deux, trois, vingt ans plus tard, la lumière a mangé les rêves, ne restent que les broutilles recrachées par cet éclat malsain, et sur le chemin tortueux, mes jambes griffées par les ronces n'écoutent plus l'esprit, elles accélèrent, se précipitent dans le vide, je tombe, une fois, deux fois, même trois, mais toujours je me relève, le visage plein de mer, plein de merde, et adieu l'océan adieu le feu adieu Salvador! adieu adieu, je m'envole dans les airs, je me fais poussière, et du haut, de tout en haut, je contemple les débris, la déchéance, le duvet sale de l'éternité, les doutes, le désespoir, puis étouffée, écœurée par les "d" je m'en vais voler dans un ailleurs moins ddddd-ddd, ça chante ça danse ça fait l'amour ça crie ça déverse le ciel à pleines mains, de toute façon vous comprenez rien, et je redescends dans un souffle, je me pose sur le bitume, ou bien je m'écrase, le bruit est sourd, j'ai le corps lourd, pourtant j'ai cru devenir plume le temps d'un baiser, regarde Salvador, j'ai les lèvres de l'horizon imprimées sur ma joue gauche, et les miennes sont gercées, fissurées par le temps, sillonnées par la vie elle-même. J'ai si peur.

Alors je suis contente que ce Baelfire ait disparu, je ne crois pas que je l'aurais beaucoup aimé. Salvador me semble plus, plus.. plus tout.

Silence.

Il y a le vent entre nos lèvres
Le mètre de trop entre nos corps
Il y a le désarroi du cœur
l'embrasement de nos souffles
Et dans la clarté transparaît la beauté
la tienne, la mienne
la beauté de nos âmes.

Et maintenant, Salvador, on fait quoi ?

L'ombre enfle sur l'albâtre de ma peau, je frissonne. Le soleil décline, et je me glisse entre ses derniers rayons-scies, ses milliers de rayons-vies. Les mots s'évanouissent dans l’ambiguïté de l'instant. Ils sont mouillés des larmes qui perlent à mes paupières. Je m'imagine fée de velours, enserrée entre les fibres d'une robe moitié éden, moitié geôle - fille du crépuscule, les pieds nus, trébuchant entre le réel et l'irréel, je m'imagine altesse de la nuit, enfant de la vie.
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MessageSujet: Re: Est fou celui qui cherche la logique au fond de l’âme humaine. (O'Brother) Hortense.   Sam 17 Aoû - 19:44

Nos choix.

Je ne saurais décrire l'intensité de ce silence, de cet espace entre nous. Trop de choses, tellement folles et tellement simples, trop de sentiments confus, pas assez d'idées claires. Il me semble que j'aimais cette sensation tout de même. Je dois être au paroxysme de l'inconscience, emmitouflé dans des nuages de coton, d'innocence qui me masquent la dualité des choses.

En si peu de temps, un tournant. Au départ bon pour la vie en solitaire, avec pour seule idée de poursuivre le rail de ma vie, infini devant moi, espoir de prouesses et de vie, décidant au pied levé de la nature des passagers. Avec ses aléas, avec moi. Moi pour unique chef à bord. Et maintenant, arrivé à la première gare, les doutes. Une passagère frivole, toute en douceur et en complexité, mystère total. Et moi qui voulait ma vie à 200 à l'heure, je prenais le temps de m'arrêter sur le premier arrêt venu. Toi à la base, tu partais pour Ailleurs, et moi, de ma voix et de ma vérité, je tente de te convaincre de venir avec moi. Certes c'est l'inconnu, et la gare d'une rassurante douceur t'attire et t'agrippes, mais je suis égoïste. Je suis fou. Et puis toi, tu ne m'aides pas. Evidemment, tu te soustraie à mon regard, mais aussi, tu m'as évincé. Sur le banc de touche, je t'observe rafler les scores. Alors que tu n'es qu'une arriviste sur la zone de jeu. Et je me déteste de t'admirer. Car tu attires ce Baelfire que j'essaie d'enterrer, car tu représentes le passé que j'essaie d'enfouir, car tu incarnes le vice et la tentation, et j'ai l'impression de ne plus maîtriser ma vie, encore. Encore. Car mes efforts sont vains avec toi, mais si je te veux dans ma locomotive, suis-je obligé d'accepter les wagons mon passé ?

Et puis …
Dis-moi comment toi, tu as réussi. A me faire me détester. A me faire douter de mes convictions. A mettre mon âme à nu devant toi, parfaite inconnue. A m'intriguer, à me faire t'aimer. C'est con, dis comme ça. Mais bordel, j'ai beau ne pas voir ton visage masqué sous tes cheveux et tes membres, je voudrais qu'ils soient mien, j'ai beau voir ton âme rayonnante, je veux l'étouffer de ma noirceur, la cacher aux yeux du reste du monde, il prendrait peur mais tant pis, car j'aurais gagné. Enfin.

Et puis ...
Tu as cette façon d'articuler tes mots, cette façon de prononcer mon prénom. Cette façon de te tromper, un peu, parce que même si tu ne l'aimerais pas, Baelfire, tu l'attires inexorablement à la surface. Je ne dois pas me remettre à penser comme avant. Je. ne. dois. pas.
Salvador. Oui, oui, oui. C'est encore plus beau que le moche Baelfire entre tes lèvres. Je goûtais cette saveur nouvelle, la faisant tourner dans tous les sens, au creux de moi. Dis-le encore, c'est enivrant, dis-le encore et encore. Je veux mon nom sur tes lèvres pour toujours, je veux ton être sur les miennes à tout jamais, je veux que ce moment s'éternise, j'aimerais être sûr que toi et moi deviendront nous. Je veux vivre, je veux profiter d'elle d'une manière différente que Baelfire, je veux que ce soit un rêve doux dont on ne se réveille pas, un chemin de fer et d'or qui s'étale au-dessus du sol, au-dessus des autres qui ne peuvent comprendre. Comme le tapis d'Aladdin si tu acceptes d'être ma Jasmine.

- Baelfire est encore un peu là. Il a de bons côtés. Baelfire n'hésitait pas à draguer les filles, à les faire rêver, à s'entourer un maximum. Salvador a des œillères, il est solitaire par défaut. Je tournais la tête vers elle, lumineux spectacle dans le fade décor. Mais elle frissonne un peu. La chaleur du soleil et du goudron s'estompe car l'horloge tourne, elle tourne sans nous, mais mon train n'a pas d'horaires.
Tu demandes la suite du programme. J'avais oublié, c'est moi qui décide, qui déciderai toujours, de ma vie. Mais là en l'occurrence tu me bouscule, comme un grand coup de pied au derrière. Et sous l'effet de ta force, je me relève, la bière vide dans une main. Je tends l'autre vers toi, Esther, comme une demande informulée.

- J'vais te montrer quelque chose … Je vais te montrer moi, Baelfire, et moi, Salvador, conjugués au présent et au passé. Je vais te montrer Woodlands erratique et New York trop vite. Je vais te montrer mes yeux. Le dépaysement et toutes ces choses que tu as probablement rêvées, après mes pensées ce sont mes souvenirs qui se dévoileront, encore une fois, excuse-moi si ça te blesse. Mais tu semble vouloir encore rester avec moi, agir, même si tu frissonnes, alors voilà. Ma vie à tes pieds. En attendant qu'un jour, les rôles s'inversent. Et on y sera dans cinq minutes ! Alors attrape ma main, ne la lâche pas. Jamais.
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Hortense Storme
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MessageSujet: Re: Est fou celui qui cherche la logique au fond de l’âme humaine. (O'Brother) Hortense.   Sam 28 Fév - 16:41

-Tu te rappelles comment je jouais Navire de Cristal des Doors, autrefois ?
-Tais-toi, maintenant quand je l'entends, j'ai envie de chialer.


Le jour est triste,
j'ai envie de ramasser ma silhouette dénudée,
offerte à la tombée de la nuit,
et m'en aller,
mais je reste immobile.
L'autre jour, j'ai aimé Esther. Je l'ai aimée immensément, profondément, follement. Je l'ai aimée gros comme ça, plus gros même que mes bras quand ils sont écartés à 210 degrés. Elle m'a regardée avec ses yeux de chat, noir corbeau, noir désespoir, et je n'ai plus eu envie de partir. Je l'ai serrée dans mes bras, fort, pour qu'elle ne s'envole pas,
ma funambule.

Je me recroqueville pour garder Esther planquée dans un coin de mon cœur, et je le regarde à la dérobée. Salvador ne me regarde pas, son corps est tourné vers l'horizon.
Dis, qu'est-ce que tu vois ?
La vie qui défile, les peaux qui se rident, le soleil qui s'incline, les envies qui s'amenuisent, les jours qui meurent.
(...)
La vie qui défile, les cœurs qui explosent, les espoirs qui fleurissent, les nuits qui s'étirent.

Un sourire timide flotte sur mes lèvres, et j'ai envie de lui dire plein de trucs, tellement de trucs, mais le silence est plein de poésie, il nous murmure ses jolis mots au creux de l'oreille, et j'ai un peu peur de l'interrompre.
Salvador, mon enfant océan, les larmes s'accrochent à mes cils, Hortense/Esther, je crois qu'il ne me voit pas.
Je me sens brindille.

- Tu vas te lasser.

J'agrippe ses doigts,
et je voudrais
ses lèvres
sa peau
son cou
une seconde.

- Et tu finiras par me lâcher, je le sais, mais c'est pas grave, je te promets de m'accrocher de toutes mes forces.

C'est à peine si je peux encore respirer, concentrée sur nos respirations saccadées qui s'emmêlent, je sens que je vais craquer. A moins que ça ne soit lui. Le premier qui s'envole a perdu.
L'autre jour, j'ai aimé Esther, et je ne m'en souviens plus.
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